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Tableau de prospection : la méthode, les colonnes et un modèle gratuit

Les quinze colonnes utiles, la méthode de suivi, le cadre RGPD, et le chapitre que les autres guides omettent : où trouver les entreprises et les contacts à saisir dedans.

Par l'équipe Data de FichierEmail Mis à jour le 17 min de lecture

L'essentiel en 30 secondes

  • Un tableau de prospection sert à savoir qui contacter, où en est chaque échange, et quelle est la prochaine action à mener.
  • Quinze colonnes suffisent : au-delà, le tableau n'est plus tenu à jour.
  • Les deux colonnes qui font tout le travail sont le statut et la prochaine action.
  • La difficulté n'est pas de construire le tableau : c'est de le remplir avec des entreprises réellement joignables.

Le modèle, à télécharger tout de suite

Sans inscription, sans email à laisser. Le fichier s'ouvre déjà rempli avec vingt entreprises françaises réelles (raison sociale, SIREN, code NAF, ville, effectif, date de création) pour que vous puissiez tester le tableau immédiatement au lieu de partir d'une page blanche.

Réutilisable librement, y compris en entreprise.

Aperçu du modèle : 6 des 20 lignes pré-remplies
raison_socialeemailtelephonesirencode_nafvilleeffectifstatutpriorite
FORGES DES ARDENNES ET NORD Débloqué après achat 30801798794.99ZCharleville-Mézières3-5 à contacter3
CERES 09548002670.22ZBizanos3-5 à contacter3
ETABLISSEMENTS BEGUERIE 04578047535.11ZBalma3-5 à contacter3
WMF FRANCE CONSUMER GOODS 30943401747.99ACrissey10-19 à contacter2
ASI 32137711193.12ZAvon3-5 à contacter3
MARSEILLE COURSES 31329798853.20ZMarseille50+ à contacter1

Les colonnes email et telephone sont volontairement vides. C'est exactement le travail qu'un modèle de tableau ne peut pas faire à votre place, et c'est l'objet de la section où trouver les entreprises et les contacts.

Sommaire

Qu'est-ce qu'un tableau de prospection ?

Un tableau de prospection est un fichier structuré qui recense les entreprises à démarcher, l'état d'avancement de chaque échange et la prochaine action prévue. Une feuille de calcul suffit : ce n'est pas l'outil qui fait la différence, c'est la présence de ces trois informations sur chaque ligne.

Il est utile de dire ce qu'il n'est pas. Ce n'est pas un fichier client : celui-là regroupe des comptes avec lesquels une relation commerciale existe déjà, un historique, une facturation, et il obéit à d'autres règles de traitement. Ce n'est pas un CRM : un CRM gère la relation dans le temps, plusieurs utilisateurs, un historique complet des échanges ; le tableau en est la version artisanale, suffisante longtemps. Et ce n'est pas une liste d'adresses : une liste dit qui existe, un tableau de prospection dit où l'on en est.

C'est cette dernière distinction qui compte. Un tableau de prospection porte deux informations qu'un annuaire n'a pas : un état (cette entreprise a-t-elle été contactée, a-t-elle répondu, faut-il la relancer) et une échéance (quand agir, et pour faire quoi). Sans elles, un fichier de mille lignes ne dit pas quoi faire lundi matin. Avec elles, il se filtre en trois secondes sur « prochaine action datée d'aujourd'hui ou avant », et le travail de la journée est devant vous.

💡 À retenir

Ce qui transforme une liste en tableau de prospection, ce sont deux colonnes : un état et une échéance. Tout le reste n'est que de la donnée d'identification.

Les quinze colonnes d'un tableau de prospection

Quinze colonnes couvrent l'ensemble des besoins d'une prospection sortante, réparties en trois blocs qui répondent à trois questions successives : de quelle entreprise s'agit-il, qui y joindre, où en est-on. Les formats indiqués ne sont pas décoratifs : ce sont eux qui déterminent si le fichier s'importe sans dégât dans un outil d'envoi ou un CRM.

Bloc 1 · Identifier l'entreprise

Sept colonnes d'identification

ColonneÀ quoi elle sertFormat attenduValeurs possiblesStatut
raison_socialeIdentifier l'entreprise sans ambiguïté et personnaliser le messageTexte, UTF-8, casse d'origineLibreObligatoire
sirenClé unique de dédoublonnage et de vérification9 chiffres, sans espace ni séparateur812456903Obligatoire
code_nafFiltre le plus fin pour cibler par activité réelle4 chiffres + 1 lettre majuscule43.22AObligatoire
secteurRegroupement lisible des codes NAF, utilisable par un commercialListe ferméeBâtiment, Santé, Commerce…Optionnelle
effectifAdapter le discours et le circuit de décision à la tailleTranche normalisée, jamais texte libre0 · 1-2 · 3-5 · 6-9 · 10-19 · 20-49 · 50+Obligatoire
villeDécouper par zone de chalandise ou tournée terrainTexte, accents conservésLibreObligatoire
departementFiltrer et répartir par secteur commercialTexte de 2 ou 3 caractères, jamais un nombre01 · 42 · 974Obligatoire

Bloc 2 · Joindre la bonne personne

Quatre colonnes de contact

ColonneÀ quoi elle sertFormat attenduValeurs possiblesStatut
contact_nomAdresser le message à une personne plutôt qu'à une organisationPrénom puis nom, sans civilitéLibreOptionnelle
contact_fonctionSavoir si l'interlocuteur décide ou transmetTexte court, idéalement liste ferméeGérant, Directeur, Responsable…Optionnelle
emailCanal principal de la prospection sortanteUne seule adresse par cellule, en minusculescontact@exemple.frObligatoire
telephoneRelance et qualification rapideFormat international sans espace+33478920145Optionnelle

Le téléphone est optionnel dans la structure du tableau, mais il change beaucoup en pratique : une entreprise dont vous n'avez qu'une adresse email dépend entièrement de la personne qui relève cette boîte.

Bloc 3 · Piloter l'échange

Quatre colonnes de pilotage, plus le commentaire

ColonneÀ quoi elle sertFormat attenduValeurs possiblesStatut
statutSavoir où en est chaque ligne, et compter par étapeListe fermée, jamais texte libreà contacter · contacté · relancé · en discussion · gagné · perdu · à exclureObligatoire
prochaine_actionTransformer la liste en système de relanceTexte court, verbe à l'infinitifRappeler · Envoyer la relance · Envoyer le devisObligatoire
date_prochaine_actionFiltrer ce qui doit être fait aujourd'huiAAAA-MM-JJ2026-09-04Obligatoire
prioriteDoser l'effort selon le potentiel de la ligneEntier de 1 à 31 · 2 · 3Obligatoire
commentaireConsigner ce qui ne rentre dans aucune colonneTexte libre, une ligneLibreOptionnelle

Une seizième colonne mérite d'être ajoutée, et le modèle la contient : source, qui indique d'où vient la ligne (données publiques, recherche manuelle, fichier acquis, formulaire d'inscription). Son intérêt commercial est de comparer le rendement des sources ; son intérêt juridique est développé dans la section consacrée au RGPD, et il est plus important que le premier.

Quatre formats cassent un import et méritent d'être vérifiés avant tout envoi. Le siren saisi avec des espaces devient un texte non comparable, ce qui rend le dédoublonnage inopérant. Le code_naf perd son point ou passe en minuscule, et le filtre par activité ne renvoie plus rien. Les dates au format français cassent tout tri chronologique : le format AAAA-MM-JJ se trie correctement même traité comme du texte. Et le fichier doit être encodé en UTF-8 sans BOM : la marque d'ordre des octets ajoute des caractères invisibles en tête de la première colonne, qui font échouer la correspondance des en-têtes dans la plupart des outils.

💡 À retenir

Une règle de tri suffit à garder un tableau vivant : toute colonne dont vous ne savez pas dire à quoi elle sert doit en sortir. Les tableaux abandonnés ne meurent pas d'un manque de colonnes, ils meurent d'en avoir trop.

Où trouver les entreprises et les contacts à y mettre ?

C'est la question que les guides sur le sujet laissent de côté : ils prévoient une colonne « source du lead » sans jamais dire quelles sources utiliser. Or un tableau vide se construit en dix minutes ; le remplir prend des semaines si l'on s'y prend mal. Quatre voies existent, et la plupart des tableaux se remplissent en combinant deux d'entre elles.

Les données publiques gratuites

Le répertoire national des entreprises est diffusé en accès libre : pour chaque unité légale, on y trouve la raison sociale, l'identifiant SIREN, le code d'activité, l'adresse de l'établissement, la tranche d'effectif et la date de création. C'est exactement le contenu du premier bloc de colonnes, et cela ne coûte rien.

La limite est nette, et elle est rarement énoncée aussi directement : ces données ne contiennent ni email, ni téléphone, ni nom de dirigeant joignable. Vous pouvez donc constituer gratuitement une liste d'entreprises parfaitement ciblée (par activité, par département, par taille), mais vous ne pourrez contacter personne. La partie payante du marché des données commence exactement là : au rattachement d'une coordonnée professionnelle à chaque entreprise, et à sa vérification.

La recherche manuelle

Pour chaque entreprise de votre liste : trouver le site, ouvrir la page contact ou les mentions légales, relever l'adresse et le nom du responsable, vérifier que l'ensemble est cohérent. C'est la voie la plus précise (vous ne gardez que ce qui vous intéresse), et vous découvrez au passage des informations qu'aucun fichier ne contient : l'actualité de l'entreprise, le ton de son site, un projet en cours.

Mais elle ne reste praticable que jusqu'à quelques dizaines de comptes. Au-delà, le temps de saisie dépasse le coût de n'importe quel fichier du marché, et une partie des entreprises n'a de toute façon pas de site exploitable. Le chiffrage complet de ce travail, hypothèses posées, figure dans notre guide fichier de prospection B2B.

L'achat d'un fichier

Le tableau se remplit en une fois, colonnes de contact comprises, et les données vous appartiennent. C'est la voie adaptée au volume et à l'usage répété : le même fichier sert plusieurs campagnes sans coût supplémentaire.

Trois éléments sont à exiger avant de commander, faute de quoi vous achetez un nombre de lignes sans savoir combien sont exploitables : la date de vérification des adresses, le taux de renseignement champ par champ (et non une moyenne globale de la base) et la provenance des données, communicable enregistrement par enregistrement. Les critères d'évaluation d'un fournisseur sont détaillés dans notre guide base de données B2B.

L'inscription volontaire

Formulaire sur votre site, document téléchargeable, rencontre en salon : le contact vient à vous et laisse ses coordonnées. La qualité est la meilleure des quatre voies (la personne connaît votre nom et a manifesté un intérêt), et le consentement est acquis à la source.

Le volume, en revanche, dépend d'une audience préexistante et croît lentement. Cette voie complète un tableau de prospection sortante, elle ne le remplace pas : sur un nouveau marché ou un nouveau métier, il n'y a rien à collecter avant d'avoir commencé à se faire connaître.

Quatre sources, comparées

SourceCe qu'elle donneCe qu'elle ne donne pasDélaiCoûtVolume adapté
Données publiquesIdentité, SIREN, activité, adresse, effectif, date de créationEmail, téléphone, nom du dirigeantImmédiatGratuitIllimité
Recherche manuelleTout, y compris le contexte de l'entrepriseLe volumeTrès longTempsQuelques dizaines
Achat de fichierToutes les colonnes, en une fois, propriété acquiseLe contexte propre à chaque compteImmédiatPrix uniqueÉlevé
Inscription volontaireDes contacts engagés, consentement acquisLe contrôle du volume et du ciblageLong, continuIndirectCroît lentement

La combinaison la plus fréquente : données publiques pour cadrer le périmètre et compter la cible, puis achat ou recherche manuelle selon le volume à couvrir. Les entreprises françaises réellement en mesure d'exercer se comptent en 10 729 293 (INSEE) : c'est le plafond du gisement, quelle que soit la source retenue.

💡 À retenir

Un tableau vide se construit en dix minutes. Ce qui prend du temps, c'est de le remplir, et c'est là que se joue le résultat de la campagne.

Statut et prochaine action : les deux colonnes qui font le travail

Si vous ne devez tenir que deux colonnes à jour, ce sont celles-là. Elles répondent aux deux seules questions qu'on pose à un tableau de prospection : où en est-on, et que faire ensuite.

Les statuts du pipeline

Le statut doit être une liste fermée de valeurs, imposée par une validation de données, jamais du texte libre. La raison est mécanique : « contacté », « Contacté », « contacté le 12/03 » et « déjà contacté » sont quatre valeurs différentes pour un tableur. Un filtre ne les regroupe pas, un comptage ne les additionne pas, et le tableau devient impossible à lire dès quelques centaines de lignes.

Sept valeurs couvrent l'ensemble des situations : à contacter, contacté, relancé, en discussion, gagné, perdu, à exclure. Les six premières décrivent un parcours ; la septième est d'une autre nature, et elle est souvent absente des modèles.

Schéma des statuts d'un tableau de prospection : à contacter, contacté, relancé, en discussion, puis gagné ou perdu ; à part, le statut à exclure, qui garde la trace d'une opposition.
Les sept statuts : six forment un parcours, le septième garde la trace d'un refus.

Pourquoi « à exclure » doit exister. Quand une personne demande à ne plus être sollicitée, le réflexe est de supprimer la ligne. C'est exactement ce qu'il ne faut pas faire : une ligne supprimée est une ligne qui reviendra au prochain import, parce que rien ne garde la trace du refus. Marquer le statut à exclure conserve cette trace, permet de la comparer à toute nouvelle liste avant envoi, et rend l'opposition durablement effective. Une opposition se note, elle ne s'efface pas.

La prochaine action et sa date

C'est le couple de colonnes qui transforme une liste en système de relance. La prochaine action se formule comme un verbe et un objet : « rappeler le gérant », « envoyer la relance », « transmettre le devis », de sorte qu'elle soit exécutable sans relire le commentaire. La date se saisit au format AAAA-MM-JJ, ce qui permet de la trier même si la colonne est traitée comme du texte.

Une seule règle à tenir, et elle suffit à ce qu'un tableau ne meure pas : aucune ligne active ne reste sans prochaine action datée. Concrètement, au moment où vous notez qu'un contact a été appelé, vous notez dans le même mouvement ce qui se passera ensuite et quand. Une ligne sans échéance sort du champ de vision : elle n'est ni fermée, ni en cours, elle est perdue.

Le bénéfice quotidien est immédiat : un filtre sur « date de prochaine action antérieure ou égale à aujourd'hui », trié par priorité, produit la liste de travail du jour sans réflexion supplémentaire.

💡 À retenir

Statut en liste fermée, prochaine action toujours datée, et un statut « à exclure » qui ne s'efface jamais. Ces trois règles font la différence entre un tableau tenu six mois et un tableau abandonné en trois semaines.

Prioriser : un scoring en trois niveaux suffit

Les systèmes de notation élaborés (points par critère, pondérations, score sur cent) ne survivent pas à la troisième semaine : ils demandent un arbitrage à chaque ligne et personne ne les maintient. Trois niveaux, évalués sur trois critères objectifs, tiennent dans le temps.

Les trois critères : la correspondance avec la cible : cette entreprise ressemble-t-elle à celles avec lesquelles vous travaillez bien ; la taille, qui détermine le potentiel et la longueur du circuit de décision ; et l'accessibilité du contact : disposez-vous d'un nom et d'un moyen direct de le joindre, ou seulement d'une adresse générique.

Trois niveaux, trois efforts

PrioritéCe qui la déclencheEffort engagéVolume type
1Les trois critères sont réunis : cible exacte, taille pertinente, contact nommé et joignableMessage écrit à la main, relance téléphonique nominativeQuelques dizaines de lignes
2Deux critères sur trois, souvent la cible et la taille, sans contact nomméSéquence adaptée par secteur et par taille, personnalisée sur deux ou trois variablesQuelques centaines
3Un seul critère, ou une correspondance incertaine avec la cibleCampagne standardisée, dont le rôle est de faire remonter des signaux d'intérêtLe reste du fichier

Le niveau n'est pas figé : une réponse positive sur une ligne de priorité 3 la fait immédiatement passer en 1. C'est précisément la fonction de la campagne standardisée : identifier les lignes qui méritent l'effort.

Du plan de prospection au tableau : les six étapes

Le plan de prospection et le tableau ne sont pas deux sujets : le premier est la décision, le second l'exécution. Voici comment on passe de l'un à l'autre.

01Définir la cible et l'objectif chiffré. La cible tient en une phrase : activité, taille, zone, interlocuteur. L'objectif se compte (un nombre de rendez-vous ou de réponses sur une période), sinon il ne se vérifie pas. Livrable : une phrase de cible et un objectif chiffré daté.
02Choisir les sources. À partir du volume visé et du délai, décidez laquelle des quatre voies alimente le tableau, et acceptez d'en combiner deux. C'est la décision qui engage le plus de temps sur l'ensemble du projet. Livrable : une source par bloc de colonnes, et son coût estimé.
03Constituer la liste. Rassemblez tout dans un fichier unique, dédoublonné sur le SIREN, en renseignant la colonne source dès la saisie, elle ne se reconstitue pas après coup. Livrable : un fichier unique, dédoublonné, avec la source de chaque ligne.
04Structurer le tableau. Créez les quinze colonnes, posez la validation de données sur le statut et la priorité, et figez la ligne d'en-tête. Dix minutes de travail qui évitent des heures de nettoyage. Livrable : le tableau structuré, listes fermées en place.
05Définir la cadence de relance. Combien de relances, à quel intervalle, et à quel moment on arrête. Décidé une fois pour toutes, ce rythme se traduit en dates de prochaine action et cesse d'être une décision quotidienne. Livrable : une règle de cadence écrite, appliquée à toutes les lignes actives.
06Mesurer et ajuster. Chaque semaine, comptez les lignes par statut et rapportez-les au segment. Si le taux de réponse est faible partout, le problème est le message ; s'il est faible sur un seul segment, le problème est le ciblage. Livrable : un comptage hebdomadaire par statut et par segment.

Le message lui-même n'apparaît pas dans ces six étapes parce qu'il relève d'un autre travail : des structures rédigées par situation figurent dans notre guide modèles d'emails de prospection.

Nettoyer et tenir le tableau à jour

Un tableau de prospection se dégrade de deux façons : par accumulation de doublons et d'erreurs de saisie, et par vieillissement des données elles-mêmes. Les deux se traitent par des gestes simples, à condition de savoir lesquels.

Dédoublonner sur le SIREN, jamais sur la raison sociale

Une même entreprise s'écrit de plusieurs façons : avec ou sans forme juridique, en abrégé, en majuscules, avec un tiret ou une espace. « Plomberie Martin SARL », « PLOMBERIE MARTIN » et « Plomberie Martin sarl » sont trois chaînes différentes et un seul et même prospect. Un dédoublonnage sur le nom laisse donc passer des doublons évidents, et pire, il en supprime parfois de faux : deux entreprises homonymes dans deux villes différentes.

Le siren est la seule clé fiable : il est unique, officiel, et il ne change pas. Le contrôle est immédiat : le nombre de valeurs distinctes doit égaler le nombre de lignes.

Toutefois, un piège subsiste, propre aux entreprises à plusieurs implantations : une même unité légale peut avoir plusieurs établissements, donc plusieurs adresses et parfois plusieurs interlocuteurs, tout en portant un seul SIREN. Dédoublonner strictement sur le SIREN fusionnerait alors des établissements qu'il fallait traiter séparément. La règle pratique : dédoublonnez sur le SIREN quand vous prospectez l'entreprise, et sur le couple SIREN + ville quand vous prospectez l'établissement, un réseau d'agences, par exemple.

L'érosion des données

Une base de contacts professionnels se dégrade en continu : fermetures d'entreprises, changements de fonction, départs, migrations de nom de domaine après un changement d'enseigne. L'ordre de grandeur retenu sur ce marché est d'environ 2,1 % par mois, ce qui représente, en effet cumulé, près de 22,5 % sur douze mois.

Deux conséquences pratiques pour un tableau. D'abord, la date de dernière vérification d'un fichier compte autant que son volume : un tableau constitué il y a dix-huit mois et jamais retouché n'est plus un outil de prospection, c'est une archive. Ensuite, une liste laissée de côté quelques mois se vérifie avant d'être adressée, pas après le premier envoi, l'ordre inverse coûte des rejets qui pèsent sur les campagnes suivantes.

Vérifier les emails avant d'envoyer

Une vérification technique contrôle trois choses, dans cet ordre : que la syntaxe de l'adresse est valide, que le domaine existe et accepte du courrier, et que la boîte elle-même répond. Elle ne lit pas le contenu de la boîte et n'envoie aucun message : elle interroge le serveur destinataire.

Son intérêt est en aval. Une adresse morte provoque un rejet définitif ; au-delà d'une faible proportion de rejets, la réputation de votre domaine expéditeur se dégrade, et une réputation dégradée fait basculer en indésirables des messages adressés à des contacts parfaitement valides. C'est le mécanisme qui relie directement la qualité du tableau au résultat de la campagne. Nos fichiers sont vérifiés au moment de la livraison, avec une garantie NPAI inférieure à 1 % ; la typologie des rejets et leur traitement sont détaillés dans notre guide NPAI : définition et solutions.

💡 À retenir

Trois gestes d'entretien suffisent : dédoublonner sur le SIREN, connaître la date de dernière vérification, et vérifier les adresses avant l'envoi plutôt qu'après.

Tableau de prospection et RGPD

Un tableau de prospection contient des données de contacts professionnels : le sujet est inévitable, et il se traite en cinq points concrets plutôt qu'en principes généraux.

La base légale de votre tableau

En prospection professionnelle, le traitement repose sur l'intérêt légitime prévu à l'article 6.1.f du RGPD, et non sur le consentement préalable exigé pour la prospection électronique vers des particuliers. Trois conditions l'encadrent : la sollicitation porte sur l'activité professionnelle du destinataire, chaque envoi comporte un moyen de désinscription simple, et toute opposition est respectée immédiatement.

Documenter la provenance de chaque ligne

Une personne peut demander d'où vient son adresse, et c'est vous qui recevrez la question. La colonne source sert d'abord à cela : elle doit permettre de répondre par une source nommable (un registre public, votre formulaire d'inscription, un fournisseur identifié) et non par une catégorie vague. C'est sa vraie fonction, bien au-delà de la comparaison du rendement des sources.

Borner la durée de conservation

Les données d'un prospect qui n'a jamais répondu ne se conservent pas indéfiniment. La référence habituellement retenue est de trois ans à compter du dernier contact, au terme desquels la ligne est supprimée ou anonymisée. En pratique, une colonne de date du dernier contact rend cette revue mécanique : un filtre annuel suffit à identifier ce qui doit sortir.

Traiter les oppositions sans les effacer

Une opposition se respecte immédiatement, sans justification demandée. Et la ligne se marque plutôt qu'elle ne s'efface : le statut à exclure conserve la trace du refus et permet de comparer tout nouvel import à cette liste avant envoi. Supprimer la ligne garantit au contraire de la réimporter au prochain fichier, ce qui transforme une opposition respectée en opposition ignorée.

Où stocker le fichier

Un tableau partagé sans contrôle d'accès est un risque en soi : un lien de partage public, une copie sur une clé, un fichier envoyé en pièce jointe à cinq personnes. Restreignez l'accès aux personnes qui en ont l'usage, préférez un espace partagé nominatif à des copies dispersées, et évitez de faire circuler le fichier par courrier électronique.

Le cadre complet (textes applicables, conditions cumulatives, droits des personnes) est détaillé dans notre guide RGPD et prospection B2B. Toute personne peut demander son retrait de nos bases, gratuitement et sans justification, depuis notre page opt-out.

💡 À retenir

Deux colonnes portent l'essentiel de votre conformité : source, qui documente la provenance, et statut, qui conserve les oppositions. Elles ne coûtent rien à tenir et elles se réclament au pire moment.

Quand le tableau ne suffit plus

Un tableau reste le bon outil beaucoup plus longtemps qu'on ne le dit (nous ne vendons pas de logiciel de gestion commerciale, cette section n'a rien à défendre). Mais il a une limite, et elle ne se mesure pas en nombre de lignes. Quatre signaux l'annoncent.

Quatre signaux, et ce qu'ils indiquent

Le signalCe qu'il indique
Plusieurs personnes écrivent dans le même fichierLe besoin réel est la gestion des accès concurrents et la trace de qui a fait quoi. Un tableur partagé le fait mal, et les écrasements de saisie apparaissent vite.
L'historique des échanges ne tient plus dans une celluleLa colonne commentaire est devenue un journal. Le besoin est un historique horodaté par contact, qui n'est pas ce qu'un tableau sait faire.
Des relances sont oubliées malgré la colonne de dateIl manque un rappel actif. Un tableau attend qu'on l'ouvre ; au-delà d'un certain rythme, il faut un outil qui alerte.
Le reporting prend plus de temps que la prospectionVous consacrez du temps à recompter au lieu de contacter. C'est le signal le plus fiable des quatre.

Ordre de grandeur pratique : un tableau reste confortable jusqu'à quelques centaines de lignes actives suivies par une seule personne. Au-delà de deux utilisateurs simultanés, la limite est atteinte quel que soit le volume.

Une nuance utile : ces signaux justifient un changement d'outil, pas un changement de méthode. Les quinze colonnes, les statuts en liste fermée et la règle de la prochaine action datée restent exactement les mêmes dans un logiciel de gestion commerciale. Un tableau bien tenu est d'ailleurs le meilleur cahier des charges possible pour choisir cet outil : vous savez précisément ce que vous lui demanderez.

Nos fichiers, par métier et par zone

Si vous voulez remplir ce tableau en une fois plutôt que ligne à ligne, voici ce que couvre notre base : 10 729 293 entreprises françaises actives, réparties sur 737 métiers construits sur la nomenclature officielle, 101 départements et 18 régions.

Une précision utile avant de commander, parce qu'elle détermine le nombre de lignes réellement exploitables : les coordonnées ne sont pas stockées d'avance. Elles sont constituées et vérifiées au moment de la commande, et le nombre d'adresses délivrables est calculé puis affiché pour le périmètre demandé, avant paiement. Nous ne publions pas de taux national moyen : il varierait du simple au triple selon le métier et la zone, et ne vous dirait rien de votre cible.

Entreprises actives par secteur

SecteurEntreprises
Commerce 1 403 655
Bâtiment 1 159 682
Services aux entreprises 1 068 530
Agriculture 877 431
Santé & médical 797 817
Tourisme & loisirs 755 317
Auto & transport 680 223
Associations 608 400
Industrie 599 016
Restauration 551 191
Juridique & conseil 531 692
Éducation & formation 398 549
Finance & assurance 276 489
Immobilier 254 180
Tech & digital 228 435
Beauté 210 643
Médias & communication 175 078
Administrations 111 024
Artisanat 68 654

Le secteur donne l'ordre de grandeur, le métier donne la cible. Quelques exemples parmi les plus demandés :

Les fichiers se consultent par métier et par zone géographique, avec les volumes affichés avant l'achat. Pour un croisement de critères qui n'existe pas en page dédiée (une activité précise sur trois départements, dans une tranche d'effectif donnée), le configurateur sur-mesure calcule le volume disponible et le prix avant de commander.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un tableau de prospection ?

Un tableau de prospection est un fichier structuré qui recense les entreprises à démarcher, l'état d'avancement de chaque échange et la prochaine action prévue. Il se distingue d'une liste d'adresses par deux éléments : chaque ligne porte un état et une échéance. C'est ce qui permet de savoir, en ouvrant le fichier, qui doit être contacté aujourd'hui et ce qui reste en attente. Un tableau qui ne contient que des coordonnées est un annuaire, pas un outil de prospection.

Quelles colonnes doit contenir un tableau de prospection ?

Quinze colonnes suffisent, réparties en trois blocs. Pour identifier l'entreprise : raison sociale, SIREN, code NAF, secteur, effectif, ville, département. Pour joindre la bonne personne : nom du contact, fonction, email professionnel, téléphone. Pour piloter l'échange : statut, prochaine action, date de prochaine action, priorité, plus un commentaire libre. Une colonne source complète utilement l'ensemble. La règle de tri est simple : toute colonne dont vous ne savez pas dire à quoi elle sert doit sortir du tableau.

Où télécharger un modèle de tableau de prospection gratuit ?

Le modèle présenté sur cette page est téléchargeable en haut et en bas de l'article, en trois formats : Excel, CSV encodé en UTF-8, et copie directe dans Google Sheets. Aucune inscription n'est demandée et aucune adresse email n'est à laisser. Il est pré-rempli avec vingt entreprises françaises réelles (raison sociale, SIREN, code NAF, ville, effectif, date de création) pour être testé immédiatement. Les colonnes email et téléphone sont volontairement laissées vides.

Excel ou Google Sheets pour un tableau de prospection ?

Excel convient à un usage individuel : filtres puissants, tableaux croisés, travail hors connexion. Google Sheets convient dès que plusieurs personnes consultent le même fichier, grâce à l'historique des modifications et à l'accès simultané. Le point de vigilance est identique dans les deux cas : l'import d'un fichier CSV doit préserver l'encodage et les zéros de début, sans quoi les accents se cassent et un département comme 01 devient 1. Testez sur dix lignes avant d'importer la totalité.

Où trouver les entreprises à mettre dans son tableau ?

Quatre sources existent. Les données publiques françaises donnent gratuitement l'identité, l'activité, l'adresse et l'effectif des entreprises, mais ni email ni téléphone. La recherche manuelle sur les sites et pages contact reste praticable jusqu'à quelques dizaines de comptes. L'achat d'un fichier remplit le tableau en une fois, colonnes de contact comprises. L'inscription volontaire apporte des contacts engagés mais lentement. La plupart des tableaux se remplissent en combinant deux de ces sources.

Comment prioriser ses prospects ?

Trois niveaux suffisent, et un scoring plus fin n'est jamais tenu à jour. Évaluez chaque ligne sur trois critères objectifs : la correspondance avec votre cible, la taille de l'entreprise, et le fait de disposer ou non d'un contact joignable. Le niveau haut justifie un message écrit à la main et une relance téléphonique ; le niveau intermédiaire, une séquence adaptée par segment ; le niveau bas, une campagne standardisée dont le rôle est de faire remonter des signaux d'intérêt.

Un tableau de prospection est-il conforme au RGPD ?

Il peut l'être, à condition de pouvoir documenter quatre points. La base légale : en prospection professionnelle, l'intérêt légitime prévu à l'article 6.1.f du RGPD, et non le consentement préalable exigé en B2C. La provenance de chaque ligne, ce qui justifie une colonne source. Une durée de conservation bornée, avec une revue périodique des contacts qui n'ont jamais répondu. Et le traitement des oppositions : la ligne se marque comme exclue plutôt que d'être supprimée, pour ne pas la réimporter ensuite.

Combien de temps peut-on conserver les données d'un prospect ?

Le principe est qu'une donnée ne se conserve pas au-delà de la finalité qui a justifié sa collecte. Pour un prospect professionnel qui n'a jamais répondu, la référence habituellement retenue est de trois ans à compter du dernier contact, au terme desquels la ligne est supprimée ou anonymisée. La bonne pratique tient en une colonne : la date du dernier contact, qui rend la revue mécanique. Une opposition exprimée, en revanche, se conserve durablement : c'est ce qui permet de la respecter.

Quand faut-il passer d'un tableau à un CRM ?

Quatre signaux annoncent la limite, et aucun n'est un volume de lignes. Plusieurs personnes écrivent dans le même fichier et se marchent dessus. L'historique des échanges ne tient plus dans une cellule de commentaire. Des relances sont oubliées parce que rien ne les rappelle. Le reporting prend plus de temps que la prospection elle-même. En pratique, un tableau reste confortable jusqu'à quelques centaines de lignes actives suivies par une seule personne.

Quelle différence entre un plan de prospection et un tableau de prospection ?

Le plan est la décision, le tableau est l'outil. Le plan de prospection fixe la cible, les objectifs chiffrés, les canaux, la cadence de relance et les moyens engagés : c'est un document de cadrage, révisé quelques fois par an. Le tableau de prospection est l'instrument quotidien qui met ce plan en œuvre, ligne par ligne, avec un statut et une prochaine action. Un plan sans tableau ne se met pas en œuvre ; un tableau sans plan se remplit sans direction.

Méthodologie et sources

Le modèle proposé s'appuie sur les champs réellement disponibles dans les sources publiques françaises : répertoire SIRENE (INSEE) pour l'identité, l'activité, l'effectif et l'implantation des unités légales. Les vingt lignes de pré-remplissage sont des entreprises actives extraites de notre base ; les colonnes de contact y sont volontairement vides.

Cadre légal : règlement général sur la protection des données, article L34-5 du Code des postes et des communications électroniques, et lignes directrices de la CNIL en matière de prospection commerciale, y compris ses recommandations sur les durées de conservation des données de prospection.

Volumes et taux de renseignement : agrégats de notre propre base, construite à partir de ces sources et recalculés à chaque mise à jour. Le nombre d'entreprises françaises réellement en mesure d'exercer (10 729 293) est un ordre de grandeur issu des publications de l'INSEE, et non de notre base.

Limite assumée : ce guide ne remplace pas un avis juridique personnalisé. Données à jour au 8 octobre 2026.

Le modèle, à télécharger

Vingt entreprises françaises réelles déjà saisies, colonnes de contact à compléter. Sans inscription, sans email à laisser.

Le modèle est prêt.

Reste à le remplir avec des entreprises réellement joignables. Nos fichiers sont vérifiés au moment de la livraison et vous appartiennent définitivement.